ABEILLE DOMESTIQUE OU DOMOTIQUE – réflexions à l’occasion de la journée mondiale de l’abeille

par Christina Otto.

L’étranger fait peur ou suscite la méfiance

Deux anecdotes simples mais très explicatives, nous amènent à comprendre le gouffre abyssal dans lequel se sont fourvoyés un certain nombre d’intervenants, techniciens, formateurs de tous poils mais à la cuticule dure, sans interstice pour un intrus. Lorsqu’il s’agit de vente de miel ou de produit de la ruche le produit français est naturellement supérieur à l’étranger espagnol, hongrois ou argentin teinté de petits doutes. Quant au chinois, il est à proprement parler porteur d’ignominieuses falsifications. Preuve à l’appui par des analyses chimiques variées à l’infini. Il est de bon ton dans cet immense négoce du miel, les années de disette de se méfier de l’étranger à fortiori asiatique, dont les importations se font même par des canaux détournés. Il s’agit juste d’un feuilleton de télé réalité ou de politique fiction : l’étranger fait peur ou suscite la méfiance. Un vieux relent utile dans ce bon peuple gaulois. Mais la face du monde est comme une pièce ; c’est pile et c’est face…
1. Il est de notoriété publique que les achats de reines (des abeilles), nucléis et autres farces de la génétique moderne se passent sur un monopoly international, Brésil ou en Argentine au mépris de la recherche de « Æthia trucida » le petit coléoptère parasite à la mode, dont la présence ou l’absence n’est pas certifiée dans les délais impartis. Ces reines sont bien sûr vendues aux prix forts sur un marché avide. « Que vous soyez puissants ou misérables » Jean de La Fontaine !

Acheter petit et local près de chez soi ou ne rien acheter du tout.

Dans l’immense business mondial de l’abeille il n’y a pas les bons et les gentils d’un coté et les quarante voleurs de l’autre. Il existe un tel melting pot d’affaires et d’affairistes auxquels il est de bon ton de mêler l’abeille en général. Les conditions de sélection, de tractation, de négoce, d’élevage royal sont tellement démesurées qu’elles engluent le citoyen lambda comme les abeilles dans votre maturateur non protégé. S’ensuit comme dans le monde des abeilles un pillage généralisé où le plus fort est celui qui gagne. En clair acheter petit et local près de chez soi ou ne rien acheter du tout.

Manipulations et autres artifices autour de l’abeille

2. Comment analyser, ou ressentir les manœuvres, manipulations et autres artifices autour de l’abeille ?
Peu m’importe que la découverte des manipulations sur l’abeille par Anton Jansa date de 200 ans, moins ou plus. Cet apiculteur a initié, en comprenant le b.a.ba des techniques, les divers éléments des techniques apicoles modernes. Il a juste permis, qu’au-delà des connaissances intimes, biochimiques, enzymatiques de se les approprier et mettre bout à bout ces astuces de montages comme un immense « légo ». Reconnaissons que cette appropriation de techniques n’est pas spécifique à l’apiculture. L’époque était mûre pour dompter le vivant , l’humanité l’a fait. L’agriculture intensive aussi. Mais enfin dans le monde apicole « pro », personne n’a ressenti même une fois une impression de schizophrénie. J’ai bien prononcé le mot de schizophrénie : dédoublement de la personnalité.  D’un côté une souffrance et une prédation constatée, vécue, de l’autre la prédation autorisée mais nécessaire de nos manipulations sans fin. L’homme ou la femme des abeilles s’attribuent deux rôles, semble-t-il distincts dans l’histoire : celui de conducteur de ruches, responsable peut être contemplatif si possible et celui d’intervenant prédictif, autorisé et autoritaire, des mécanismes reproductifs du vivant, jusqu’à s’autoriser toutes interventions utiles. Contemplatif ne veut pas dire ne rien comprendre, entendons nous. L’abeille est-elle encore un peu domestique ou domotique ?
La preuve de cette schizophrénie : ne va-t-on pas vers une abeille bricolée génétiquement à un point tel qu’une enzyme sécrétée de son fait masque sa propre transformation de saccharose en miel, évidemment masque la duplicité au laboratoire. Le vieux contrat naturel qui nous lié à l’abeille est rompu : ILS SONT DEVENUS FOUS.

PIERRE FROMENT, vétérinaire-homéopathe

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