Apiculture biodynamique

Vers une pratique respectueuse de l’abeille

Nouvelle parution dans la boutique Terran Magazines, l’ouvrage « APICULTURE BIODYNAMIQUE, Vers une pratique respectueuse de l’abeille » rédigé par Thierry BORDAGE, Vincent CANOVA, Nicolas DUBRANNA, Jean-Michel FLORIN, Yann LE COGUIC, Thomas RADETZKI, Michael REITER, Thomas D. SEELEY, Michael WEILER et Johannes WIRZ.

Et si nous changions notre regard sur les abeilles pour tenter de les rencontrer telles qu’elles sont, de comprendre leurs besoins et les causes de leur malaise actuel afin de faire évoluer nos pratiques vers une apiculture en accord avec la nature des colonies ?


Retrouvez ci-dessous un extrait de l’ouvrage, p.90/91 :

La conduite des colonies

L’abeille n’est pas un animal comme les autres. Si nous pouvons élever des poules et des lapins sans trop de difficultés il n’est pas aussi aisé d’élever des abeilles. Pour les comprendre, nous allons d’abord les observer dans leur élément, en oubliant tout notre savoir et en nous étonnant devant tant de sagesse et de beauté et puis un jour peut-être nous accueillerons un essaim venu se poser dans notre jardin. Ce sera alors le début d’une merveilleuse aventure.

À partir de ce chapitre, nous suivrons le cours de l’année apicole pour décrire les moments clés de l’accompagnement des colonies : visite de printemps, accompagnement de l’essaimage et multiplication des colonies, récolte, visite d’automne et préparation à l’hivernage…

Apiculture biodynamique. Abeilles en liberté

La vie d’une colonie au cours de l’année.

La saison apicole commence à la fin de l’hiver dès que le soleil reprend sa course, de février à avril selon les régions. La première visite au rucher nous informe de l’état de santé des colonies. En observant l’entrée d’une ruche avec le mouvement des abeilles, nous pouvons faire une première estimation de la vitalité des colonies. En ouvrant une ruche, le chant de la colonie, les odeurs et notre ressenti nous informent de sa vigueur. Tout un monde de perceptions s’offre à nos sens, que nous aurons à éduquer et à affine si nous voulons entrer en relation avec les abeilles.

La vie d’une colonie suit la progression du soleil et des températures au cours de l’année. Son développement est dépendant des floraison qui se succèdent car le pollen est la principale source de protéines pour l’élevage des larves. La vitalité des colonies dépend donc de la richesse des floraisons. Au printemps nous pouvons observer que la grappe d’abeilles s’élargit dans le corps de ruche jusqu’à l’essaimage puis encore un peu après le solstice d’été. Après la floraison des châtaigniers et des tournesols, il y a un temps de repos jusqu’à la mi-août, puis ce sont les récoltes de bruyères jusqu’à la fin septembre. Après la saison estivale et dès que la température extérieure diminue, la colonie prépare sa mise en hivernage. Le rejet des mâles à
l’extérieur des ruches annonce le début de ce processus quand la colonie élève les abeilles d’hiver, qui seront présentes jusqu’à la naissance des butineuses au printemps.

L’apiculteur aura soin d’accompagner les colonies en évitant de perturber leur harmonieuse organisation. Deux visites annuelles aux colonies sont indispensables : celle de printemps et celle d’automne. Les autres interventions seront des contrôles visuels et olfactifs, en étant attentif à ses ressentis et sans manipuler les cadres.

La visite de printemps

L’objectif de cette visite consiste à vérifier les réserves et la ponte de la reine

Faut-il ouvrir les ruches ?

En hiver, l’organisme vit isolé du monde par une peau de propolis qui lui permet de maintenir sa température entre 35 et 37 °C, grâce aux abeilles regroupées autour de la reine. Au printemps, cette grappe s’ouvre petit à petit, laissant des cellules vides et propres au cœur de la colonie pour que la reine puisse y pondre. Cet organisme va ainsi se dilater jusqu’aux premières naissances trois semaines plus tard. Les abeilles d’hiver mourront quand ces jeunes abeilles deviendront butineuses. Nous aurons alors un nouvel organisme.

Si nous ouvrons trop tôt, le processus de dilatation est perturbé et si nous déplaçons des cadres en coupant cet organisme, il devra reconstruire l’harmonie. Ouvrir une ruche ne se fait que si nous avons déjà évalué son manque de vitalité par l’observation extérieure et que nous avons un doute sur sa capacité à se développer. Un rucher de plusieurs ruches permet de comparer leur activité et d’avoir une image plus juste de leur vitalité[…]

2 réponses à “Apiculture biodynamique

  1. Encore un livre sur l’apiculture ? Oui, mais pas n’importe quel livre. Celui-ci propose une approche différente, dans le sens « accompagnement » des abeilles et non « exploitation » des abeilles. Il ne faut pas s’arrêter au titre de l’ouvrage car même s’il est question parfois de la philosophie de Rudolf Steiner, celui aborde de manière synthétique et concise ce qu’il faut savoir pour pratiquer une apiculture alternative respectueuse du vivant.
    Un livre à garder précieusement dans la bibliothèque sur l’apiculture !
    Merci au MABD pour cet ouvrage et Abeilles en liberté pour le partage de cette information ! 🙂

  2. Je viens de commencer la lecture de l’ouvrage, je connaîs quelques-uns des auteurs pour avoir lu leurs publications. Vouloir faire du miel en  » Biodynamique  » c’est une bonne idée, mais pour cela il va falloir abandonner nos habitudes productivistes et envisager un virage à 180°, pour travailler avec des Abielles noires, adaptés au climat et à la flore locale, laisser aux abeilles la hausse de miel de printemps sur la ruche, toute l’année et ne la récolter que le printemps suivant, comme le faisaient nombres de nos ancêtres, il y a seulement une quarantaine d’annés, le temps passe vite…

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