"L'abeille noire, un bien commun : la connaître, l'élever et la protéger", premier hors-série de la revue disponible !

L’abeille est-elle électrosensible ? (Partie 1)

par TerranMagazines.

Article rédigé par Gilles Grosmond à retrouver dans le seizième numéro de la revue Abeilles en liberté.

Les abeilles mellifères rencontrent bon nombre de difficultés telles que l’action spoliatrice de Varroa destructor, la multiplication des portages viraux, les effets délétères des pesticides ou des acaricides, la raréfaction des ressources végétales, etc. À cette longue liste de dangers qui menacent l’abeille, il est bon d’ajouter celles des multiples ondes créées par l’homme. Pour comprendre leur impact, après un bref rappel sur l’organisation de la matière inerte et de la matière vivante, nous aborderons la très grande complexité vibratoire du monde vivant, et pour finir l’étrange singularité de l’abeille au sein de ce monde.

Modèle d’organisation de la matière inerte

Très longtemps, notre représentation de la matière s’est limitée à la seule existence de molécules, puis ont été proposés les atomes constitutifs de ces molécules avec leurs électrons bien organisés en forme de satellites sur leurs orbitales. Cette image simple s’est très vite complexifiée au XXe siècle avec l’apparition des sous-particules comme le neutron électronique, le neutrino muonique ou le muon tauonique. Réalités ou simples hypothèses mathématiques, ces particules sont accompagnées de leurs forces fondamentales d’interaction et les équations de la probabilité de leur présence dans des espaces définis.

Finie la représentation bien ordonnée de la matière, place aux équations qui définissent un mouvement perpétuel de tous les composants de la matière avec en premier plan la caractérisation des forces qui unissent ces particules. La physique quantique a changé les règles d’organisation de l’infiniment petit à l’infiniment grand unissant avec les mêmes forces fondamentales d’interaction les plus petites particules et les plus grosses planètes. Il n’existe pas d’arrêt sur image mais un mouvement perpétuel de tous les composants, des plus petits aux plus grands, du monde qui nous entoure.

Modèle d’organisation de la matière vivante

De manière simple la matière vivante, par opposition à la matière inerte, se caractérise par sa capacité à se reproduire à l’identique à partir d’éléments simples et inertes par nature.

Complexité de la matière vivante

La matière vivante est constituée de molécules regroupées dans des unités fonctionnelles nommées cellules elles-mêmes regroupées en organes constitutifs d’un individu autonome.

Molécules constitutives des êtres vivants

Thymol naturel lévogyre et molécule de thymol de synthèse lévogyre plus dextrogyre
Thymol naturel lévogyre et molécule de thymol de synthèse lévogyre + dextrogyre

Les formes élémentaires de vie sont apparues sur notre planète environ dix milliards d’années après la naissance de l’univers et 3,5 milliards d’années après la formation de la terre. Il est indispensable de retenir cette chronologie qui nous rappelle que les molécules du vivant sont apparues dans un monde déjà bien défini par ses rayonnements électromagnétiques. Tous ces rayonnements venus principalement du soleil mais également d’une multitude d’étoiles et de planètes, constituant un bain matriciel qui façonne tout ce qui s’auto-organise sur la terre.

Nous ne pouvons que faire le constat de la présence presque systématique d’une dissymétrie des molécules du vivant, dissymétrie qui entraîne une orientation des molécules du vivant en fonction du rayonnement qu’elles reçoivent. Ainsi nous ne pouvons que confirmer l’existence de molécules dextrogyres qui dévient la lumière à droite et de molécules lévogyres qui dévient la lumière à gauche.

À quelques millions d’années près, les insectes sont apparus en même temps ou après les plantes à fleurs et ont co-évolué avec elles vers un état de dépendances réciproques. Aujourd’hui, l’abeille consomme le nectar des fleurs riche en molécules dextrogyres de la famille du glucose et les pollens dont les acides aminés constitutifs sont majoritairement lévogyres. Ces faits, avec tout l’historique de leur genèse, décident de notre quotidien sans que nous soyons toujours prêts à les accepter. Ainsi l’abeille, parce qu’elle a co-évolué avec le thym (Thymus vulgaris) tolère parfaitement le thymol lévogyre qu’il contient. Il en est tout autrement avec le thymol de synthèse que nous lui pro[1]posons qui contient 50% de molécules lévogyres bien tolérées et 50% de molécules dextrogyres difficiles à gérer.

On comprend mieux alors les effets secondaires du thymol de synthèse administré à nos abeilles : intolérance par les abeilles lorsque la température extérieure excède 25°C, diminution des capacités cognitives de l’abeille jusqu’à altération du système immunitaire…

Organisation des cellules

La paroi cellulaire

Les parois des cellules sont le plus souvent constituées d’une bicouche de molécules orientées en fonction de leur pôle hydrophile et de leur pôle hydrophobe. Cette orientation crée une différence de potentiel entre l’extérieur et l’intérieur de la cellule.

Rayonnement cellulaire ultra ténu.
Les rayons infrarouges émis par l’activité métabolique de l’abeille *

Cette ddp de 100 millivolts pour une épaisseur de 1 millionième de centimètre rapportée à une dimension plus compréhensible ne représente pas moins de 100 mille volts/cm. Cette barrière devient infranchissable sans l’existence des canaux ioniques qui permettent la migration des ions calcium, sodium, potassium. Mais cette barrière est également vulnérable et sensible aux ondes électromagnétiques capables de modifier la belle orientation de ses cellules constitutives.

Le milieu intracellulaire

La cellule émet de très nombreux rayonnements dont le rayonnement cellulaire ultra ténu et les rayons infrarouges. Le rayonnement cellulaire ultra ténu, issu de la capture des photons par l’ADN nucléaire, possède une très faible puissance (10-18 la lumière du jour) mais sa nature de type laser lui confère une très grande efficacité dans l’induction des principaux systèmes enzymatiques cellulaires.

* font que, toute proportion de poids prise en compte, l’abeille émet 15 fois plus de lumière infrarouge que le soleil. Ce rayonnement infrarouge est particulièrement précieux, raison pour laquelle les partitions chaudes placées pour encadrer la grappe hivernale doivent être impérativement recouvertes d’un matériau réfléchissant. Les partitions chaudes doivent remplir une double mission : être isolantes grâce à des matériaux de nature alvéolaire et réfléchissante grâce à l’aluminium.

Les organes et les ondes électromagnétiques

Les organes, somme des cellules présentant une unité structurelle et fonctionnelle, produisent des ondes électromagnétiques faciles à enregistrer : électrocardiogramme, électroencéphalogramme, électromyogramme… Les méridiens et les points d’acupuncture présentent une différence de potentiel clairement mesurée.

Ainsi les organes expriment à une échelle facile à mesurer la présence de différences de potentiel ou d’ondes électromagnétiques émises par des groupes homogènes de cellules. Il n’est pas interdit d’imaginer que de tels phénomènes existent chez l’abeille, la circulation de l’influx nerveux constituant une première évidence.

Ainsi une abeille équatoriale adaptée à une région où la nuit présente en continu une durée égale à celle du jour aura une chronobiologie qui ne lui permettra pas de s’adapter aux très longues nuits hivernales de l’Europe du Nord. Nous devrions apprendre à respecter ces trésors que sont les écotypes locaux dans leur équilibre avec leur environnement.

Les faits connus à l’échelle de l’individu

Les molécules, les cellules, les organes et les individus dans leur globalité émettent diverses vibrations (comprendre ondes électromagnétiques) dont la coordination se situe au niveau de structures cérébrales nommées cryptochromes, qualifiées d’horloge biologique interne. Ces structures résultent, au cours du temps long de l’évolution, de la mise en place d’un support génétique autorégulé par des protéines. L’horloge biologique interne est largement déterminée par les conditions environnementales, en particulier par la répartition des périodes de jour et de nuit.

L’abeille, insecte électrique, magnétique, électromagnétique

Structures anatomiques impliquées dans la relation de l’abeille avec l’électricité statique

  • La cuticule de l’abeille ou exosquelette présente une organisation complexe dont un revêtement externe de cire. Cette organisation complexe lui confère diverses propriétés telles qu’un comportement de semi-conducteur, la capacité à produire de la piezoélectricité par compression ou de la pyroélectricité par élévation de température. Malheureusement, les acides organiques, acide formique ou acide oxalique, utilisés comme acaricides, altèrent le revêtement de cire de la cuticule et perturbent gravement ces propriétés électriques. Il est indispensable de faire un usage modéré de ces acides organiques afin de ne pas altérer la cuticule des abeilles.
  • Des ergots de différentes formes, principalement situés sur les ailes, peuvent par frottement provoquer l’accumulation de charges électriques positives à la surface du corps de l’abeille (cf photo n°1 page 47).
  • Une structure membranaire, nommée arolium, située entre les griffes de chaque patte, permet à l’abeille de libérer son électricité positive lorsqu’elle touche à son retour la cire des rayons. Cette libération de charges positives a-t-elle un effet favorable pour les larves du couvain ou les abeilles nourricières ? Aucune information fiable n’est à ce jour apparue dans les publications (cf photo n°2 page 47).

Comment l’abeille gère-t-elle cette électricité statique ?

Avant tout départ de la ruche une abeille agite ses ailes afin de faire monter sa température thoracique, d’éprouver l’efficacité de sa musculation et de charger positivement la cuticule de ses ailes. Dès son arrivée sur les fleurs, les charges positives accumulées dans ses poils vont attirer les grains de pollen chargés négativement. La récolte du pollen représente un phénomène passif que l’abeille poursuit en rassemblant ces grains pour former des pelotes qu’elle arrime à ses pattes postérieures.

Ne perdons pas de vue le rôle perturbateur de ces mécanismes que constitue l’usage répété ou prolongé des acides organiques. Il m’apparaît que l’effet flash présente un risque limité de toxicité immédiate et que les formes à effet retard pourraient avoir des conséquences plus durables et au final plus préjudiciables pour l’avenir de la colonie.

Structures anatomiques et rôle de ces structures vis-à-vis des charges magnétiques

Structures anatomiques

L’abeille présente des cristaux de magnétite à l’intérieur de cellules spécialisées, nommées trophocytes, logées dans les antennes et dans les corps adipeux de la partie antéro-dorsale de l’abdomen. Sous l’influence des variations du champ magnétique terrestre, ces trophocytes induisent par libération d’ions calcium une activité cognitive spécifique. Ces cellules permettent l’orientation spatiale de l’abeille. Leur mécanisme d’action et leur organisation témoignent d’une fonction très ancienne puisque des bactéries vieilles de quatre milliards d’années présentent la même organisation et la même relation au champ magnétique terrestre.

Ergot des ailes
Ergot des ailes
Arolium patte arrière.
Arolium patte arrière

Champs magnétiques terrestres

Cette force, due à la rotation des couches superficielles de la croûte terrestre par rapport au magma profond riche en nickel, se traduit par des lignes convergeant vers chacun des deux pôles de la terre. Le pôle nord de la terre attire le pôle nord de la boussole et correspond en réalité à un pôle sud. Par souci de simplification cette erreur n’a pas été corrigée et la convention a été maintenue.

Ces forces de champ magnétique sont exprimées en gauss ou en tesla dans un rapport tel que 1 tesla = 10 000 gauss. Leur mesure indique une force de 0,31 gauss soit 31 000 nT ou 3,1 mT à l’équateur, 0,47 gauss sous notre latitude et 1,5 gauss au pôle nord.

Variations du champ magnétique terrestre et conduite de l’abeille

L’abeille perçoit des variations du champ magnétique de l’ordre de 25 nT soit 1/2000 du champ magnétique terrestre sous notre latitude. Ces petites variations liées à la composition du sol servent de repères à l’abeille pour fiabiliser sa navigation.

Pose d’aimants sur les ruches

Les pollutions électromagnétiques étant de plus en plus prégnantes à la surface de la terre, les apiculteurs ont posé des aimants sur leurs ruches afin de créer un environnement magnétique invariant à l’intérieur de celles-ci. Les aimants, fixés sur la façade nord et la façade sud de la ruche, présentent une force de 38 gauss et le champ magnétique mesuré au centre de la ruche est de l’ordre de 10 gauss ce qui représente environ 4 000 fois le seuil de détection de l’abeille.

Il m’apparaît qu’il existe une confusion entre la cage de Faraday (qui protège contre la composante électrique des ondes électromagnétiques) et le champ magnétique intense et invariable imposé dans la ruche. La méthode telle qu’elle est pratiquée est beaucoup trop intense et trop prolongée. Des aimants d’une force de 500 mG seraient suffisants et leur mise en place ne devrait pas excéder 15 jours.

Cette contrainte magnétique pendant une durée limitée à 15 jours pourrait être suivie d’un rebond d’activité dans la ruche. La mise en place pendant une durée plus longue entraîne progressivement un phénomène de décompensation au sein de la colonie, en particulier chez la reine qui peut réduire son espérance de vie ou son activité de ponte.

Deuxième partie de l’article disponible ICI.


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