Les abeilles sauvages – source de maladies ou trésor génétique ?

par Christina Otto.

Par Sigrun Mittl, Dipl.-Biol. www.bienen-dialoge.de, Fürth, mai 2017

L’abeille domestique occidentale (Apis mellifera) en tant qu’insecte sauvage et en tant qu’abeille domestique revenue à l’état sauvage

abeille mellifère
abeille mellifère

De nos jours, quelques personnes seulement savent que l’abeille mellifère vivait autrefois à l’état sauvage dans nos forêts : Ruttner (1992) a formulé ce fait très clairement : « Il semble vraiment absurde, au regard de l’évolution historique de l’abeille de remettre en question son appartenance à la faune locale (…) ! Tout comme les feuillus nobles – tilleul, merisier et chêne – l’abeille appartient à la biocénose postglaciaire native de la première heure (…) ». 1]
La science et la protection de la nature ont malheureusement complètement perdu de vue les abeilles sauvages en tant que composante de l’écosystème forestier. 2] C’est d’autant plus regrettable si l’on considère que la base de tout élevage et de l’apiculture était les colonies d’abeilles sauvages dans les forêts : « Les débuts de l’apiculture consistaient probablement à apporter dans le jardin de la maison une section d’un arbre creux habité par une colonie d’abeilles de la forêt ». 1] Il se pourrait donc que notre seule abeille sauvage indigène, l’abeille noire Apis mellifera mellifera en Allemagne, se soit éteinte, très probablement et pour ainsi dire sans bruit (la race a peut-être disparu, mais pas l’espèce. note de la rédaction). 1] L’une des raisons en est certainement la coexistence des abeilles mellifères sauvages et des colonies gérées par les apiculteurs à l’époque, ainsi que le fait que les apiculteurs n’étaient pas en mesure d’élever des abeilles dans un environnement contrôlé comme c’était le cas pour d’autres espèces animales en raison du comportement reproducteur des abeilles. Au cours de l’introduction de sous-espèces d’abeille domestique qui ne sont pas indigènes en Allemagne, par exemple l’abeille carnica Apis mellifera carnica et l’abeille italienne Apis mellifera ligustica, des croisements (hybridation) des populations indigènes ont eu lieu pendant des décennies, provoquant une disparition progressive de l’abeille noire. 3][4] L’abeille mellifère, qui est à la base de notre apiculture est celle que nous appelons familièrement abeille locale, une abeille mixte, qui provient des croisements effectués au 20ème siècle entre la sous-espèce Apis mellifera carnica , l’abeille italienne, Apis mellifera ligustica, l’abeille noire, la sous-espèce Apis mellifera mellifera et le lignage artificiel de la Buckfast.

Abeilles sauvages et varroa

… Abeilles mellifères sauvages résistantes aux varroas et tolérantes aux varroas – des preuves ont été fournies.
 On observe dans le monde entier des colonies d’abeilles qui survivent sans traitement et sans alimentation sucrée. Il s’agit d’abeilles «redevenues sauvages » installées dans les forêts, dans quelque fissure d’une bâtisses, ou des colonies de ruches abandonnées. Elles ont été soumises à la sélection naturelle. Souvent après des pertes initiales élevées, il s’est établi un équilibre de populations stables. [8] [9] [10] [11] [12] [13]
Des études récentes menées dans le monde entier avec des colonies d’abeilles mellifères sauvages résistantes ou tolérantes au varroa fournissent des informations précieuses sur les causes possibles de la crise actuelle de l’apiculture et sur les abeilles de plus en plus vulnérables. Barbara Locke[9] del’Université suédoise des sciences agricoles a évalué toutes ces études en 2015 et en est arrivée à des conclusions très intéressantes et importantes, que je voudrais résumer ici :
* Les populations d’abeilles mellifères résistantes au varroa dans le monde entier peuvent le prouver → L’abeille mellifère (Apis mellifera) a le potentiel d’être/de devenir résistante au varroa
* Toutes les populations d’abeilles résistantes au varroa qui ont été étudiées dans le monde entier ne sont pas ou peu soignées par les apiculteurs.
* La propagation des maladies et des parasites de l’abeille est facilitée par des méthodes apicoles intensives (voir Fries et Camazine, 2001[14]).
* L’adaptation co-évolutionnaire de l’abeille européenne – rendue possible par la sélection naturelle – au varroa, telle que démontrée pour l’abeille asiatique Apis cerana, a été perturbée par les méthodes de lutte contre le varroa des apiculteurs, éliminant ainsi la pression sélective nécessaire à une telle adaptation naturelle.
* Toutes les populations d’abeilles résistantes au varroa étudiées ont connu une forte pression naturelle du varroa, ce qui leur a donné la possibilité de s‘adapter car elles ont été libérées des contraintes des pratiques apicoles traditionnelles.
* L’une des adaptations possibles de l’acarien est la réduction de la taille de la colonie (diminution de la masse d’abeilles due à des essaimages plus fréquents), ce qui a été démontré pour les populations résistantes au varroa en Suède, aux Etats-Unis et au Brésil. Cette adaptation est bloquée par une sélection artificielle dans en faveur d’un rendement élevé en miel chez les apiculteurs.
* Des densités de colonies anormalement élevées chez les apiculteurs entraînent une ré-invasion accrue des acariens et une propagation accrue des maladies (voir Seeley et Smith, 2015[15]). (Traduction de l’auteur) 
(suite en bas de page (1))

Abeilles vivant à l’état sauvage « Source de maladies »?

La réintégration des abeilles mellifères dans leur écosystème d’origine ou le fait de permettre aux abeilles mellifères de vivre librement dans la nature suscitent inquiétudes et des craintes. D’une part elle soulève en particulier la question de savoir si les colonies d’abeilles mellifères sauvages sont des « catapultes d ́épizooties » du plus haut niveau et si les colonies traitées des apiculteurs pourraient être décimées par un phénomène de ré-invasion à la fin de l’automne. D’autre part, les résultats des chercheurs suggèrent que le problème de la « source de maladie » n’est probablement pas un problème du tout. Dans aucun des rapports de recherche sur les colonies d’abeilles vivant à l’état sauvage, résistantes et tolérantes au varroa n’est abordée la préoccupation de la « catapulte épizootique », ni même la demande de détruire ces colonies pour cette raison. Bien au contraire.
Même le professeur Ruttner, qui fut l’un des premiers à étudier l’effet de l’acide formique contre le varroa, c’est-à-dire qui était clairement conscient du problème des épizooties, écrivait en 1992 : « D’une part, les arbres creux manquent dans les forêts, qui doivent être remplacés par des nichoirs ( ?) » et poursuivait : « Même les abeilles européennes de la fin du XX ème siècle peuvent survivre sans difficulté – libres dans la nature – dans des arbres creux, à condition de n’être pas privées de leur base nutritionnelle par des modifications artificielles de la végétation ». [1]
La recherche montre que les colonies qui sont soumises à la sélection naturelle soit meurent très rapidement, soit développent très rapidement des stratégies pour leur survie à long terme. En prenant l’exemple de la loque américaine (AFB), j’aimerais discuter brièvement de la comparaison de l’AFB dans les colonies d’apiculteurs et dans les colonies sauvages.
En ce qui concerne la loque américaine, des chercheurs suédois ont pu prouver que la microflore des abeilles sauvages (probablement sauvages), qui leur est associée et qui a été détectées dans la ruche ainsi que dans l’estomac et les intestins de l’abeille, sont capables de tuer 100% des bactéries. Ceci a été testé en laboratoire (in vitro) ainsi que dans des expériences avec des abeilles vivantes (in vivo). [21]
Des études sur la loque américaine menées sur des colonies domestiques et des colonies sauvages indiquent toutes que le risque d’épidémie est plus probable chez les apiculteurs que dans les colonies d’abeilles sauvages. [22]

…suite en bas de page (2).

La conclusion : les colonies d’abeilles mellifères sauvages ne doivent pas être considérées comme des sources dépizooties. 22] Comme je le montrerai dans d’autres articles (en 2019), cette tendance semble également s’appliquer au virus de la déformation de l’aile et à la Nosémose.
Quelles sont les raisons de ces résultats qui expliquent que les abeilles sauvages sont en meilleure santé que celles des apiculteurs ? J’aimerais simplement laisser la parole à deux chercheurs :

Dans la nature, selon Seeley[15][12], les colonies d’abeilles sauvages sont si éloignées les unes des autres qu’il n’y a pas de transmission horizontale (transmission, propagation) des germes. En moyenne, les peuples sont distants d’au moins 700 m. Dans la forêt d’Arnot-Forest, il y avait 1 colonie d’abeilles mellifères par km2.
Genersch (2010) arrive à des conclusions similaires en ce qui concerne le danger d’apparition et de dissémination de la loque américaine :  » Dans des conditions apicoles normales, l’AFB est très contagieuse car la propagation de la maladie est facilitée par l’échange de ruches et de matériel apicole entre colonies, par la gestion de nombreuses ruches en zones limitées et par les actions des reines, colonies (package bees) et miel « . 25] (traduction de l’auteur)

Cartographie des abeilles sauvages

L’abeille domestique sauvage locale est probablement éteinte. Néanmoins, il incombe aux autorités de conservation de la nature de déterminer le statut d’Apis mellifera mellifera par cartographie et de le classer dans les listes rouges de la Fédération et des Länder. [26] [2]
Il est très probable qu’il existe également des colonies d’abeilles mellifères de l’espèce Apis mellifera vivant en Allemagne, qui tolèrent et/ou résistent au varroa en raison de leur sélection naturelle. Additif 2018 : Deux chercheurs de l’Université de Würzburg ont étudié les possibilités de trouver des colonies d’abeilles des colonies d’abeilles mellifères dans les forêts allemandes et leurs recherches ont été couronnées de succès. 27] D’autres recherches devraient être menées pour documenter l’état de santé de ces colonies.
En Allemagne, on ne sait presque rien sur les abeilles sauvages. C’est pourquoi nous avons besoin d’une cartographie de ces populations, qui est très importante non seulement pour l’apiculture, mais aussi pour la biodiversité et la recherche.
Additif 2018 : Sebastian Roth a développé un projet Citizen Science et a constitué en 2018 une base de données pour que la population intéressée puisse signaler la présence d’une colonie d’abeilles sauvages en utilisant un formulaire en ligne ou hors ligne.
https://beetrees.org/
Note de la rédaction : Chez FREETHEBEES, en Suisse, les colonies d’abeilles sauvages peuvent être enregistrées ici : https://freethebees.ch/wilde-bienenvoelker-melden/
Si vous le souhaitez, vous pouvez également m’envoyer un rapport de recherche avec vos données personnelles à mailto:info@bienen-dialoge.de en même temps. Pour des raisons de protection des données, je ne serai pas informé à leur sujet et ne pourrai pas vous contacter pour en savoir plus sur ces personnes. J’en serais seulement très heureuse.
La suggestion que j’ai faite en février 2016 dans la première version de mon idée de projet « Le jardin d’abeilles de l’Allemagne » devient maintenant réalité :
« Colonies d’abeilles sauvages : Création de cartes d’inventaire et d’un index des arbres pour les abeilles mellifères déjà sauvages dans le Reichswald aujourd’hui. Ces colonies ne sont pas gérées par les apiculteurs et sont disponibles pour la recherche apicole. Les personnes en activités récréatives sont priées de signaler les colonies observées. Le développement de l’inventaire sera documenté. » [26] [28]

Un réseau pour les ruches de biodiversité pour la France par la rédaction de Abeilles en liberté

Différents associations et chercheurs sont en train de cartographier l’existence des colonies d’abeilles mellifères à l’état sauvage. Nous avons connaissance de l’enquête participative de « Arbres à abeilles » de Vincent Albouy de OPIE-/PC/AEL [contact : opiepc@orange.fr].
Une cartographie avec la localisation précise des acteurs de la communauté pour se rencontrer, partager les connaissances et s’entraider se crée actuellement par l’association Permaterra sous les ailes de David Mérino-Rigaill, animateur et responsable. Un forum libre d’accès pour partager des techniques apicoles et des approches respectueuses de l’abeille et des hommes. [https://www.permaterra.fr/apiculture-ecologique ]

Des abeilles sauvages comme trésor génétique ?!

De toutes les recherches que j’ai recueillies et évaluées, on peut déduire une tendance claire : Les colonies d’abeilles mellifères sauvages sont appelées à tort « catapultes épizootiques ». Au contraire, elles sont même considérées par les scientifiques comme un trésor génétique. Le Conte et al (2007) écrivent littéralement :  » Ces abeilles pourraient être d’une grande utilité dans le cadre de la gestion intégrée des abeilles en France « . 11] Cela ne pourrait-il pas être important aussi pour l’Allemagne ? Il semble même que les colonies d’abeilles mellifères dans les mains des apiculteurs pourraient plutôt mériter ce prédicat de « catapulte épizootique ». Il est urgent de poursuivre les recherches afin de connaître la charge des agents pathogènes de toutes sortes sur les colonies sauvages et domestiques afin de réviser (espérons-le) l’attitude précédemment néfaste envers les colonies d’abeilles mellifères sauvages. Je pense que les apiculteurs seraient très heureux s’il s’avérait qu’il y a probablement des abeilles mellifères résistantes ou tolérantes au varroa dans la nature en Allemagne aussi. Si, dans un avenir pas trop lointain, il y a un effondrement massif des populations apicoles, nous pourrions retourner à la source : Ramener des essaims sains de la forêt dans nos jardins – comme par le passé, mais cette fois en coordination avec les autorités de protection de la nature. Quelle chance ! C’est pourquoi : considérons les colonies d’abeilles sauvages comme un trésor qu’il vaut la peine de trouver et de protéger !

Bibliographie
* [1]  F. Ruttner, Naturgeschichte der Honigbienen, München: Ehrenwirth Verlag, 1992.
* [2]  S. Mittl, „Apis mellifera und das Bundesnaturschutzgesetz (BNatSchG) – Ist die Art Apis
mellifera (Westliche Honigbiene) ein Wildtier und welche Folgen hätte das für Gesetzgebung und Artenschutz?,“ www.bienen-dialoge.de, Fürth; 8 Seiten;, April 2017.
[3] P. De La Rúa, R. Jaffé, R. Dall ́Olio, I. Munoz und J. Serrano, „Biodiversity, conservation and current threats to European honeybees,“ Apidologie 40, pp. 263-284, 2009.
[4] A. Nieto, S. Roberts, J. Kemp, P. Rasmont, M. Kuhlmann, M. García Criado, J. Biesmeijer, P. Bogusch, H. Dathe, P. De la Rúa, T. De Meulemeester, M. Dehon, A. Dewulf, F. Ortiz-Sánchez, P. Lhomme und e. al., European Red List of bees, Luxembourg: Publication Office of the European Union, 2014.
[5] F. D. Stoeckhert, „Die Bienen Frankens,“ Beiheft der Deutschen Entomologischen Zeitschrift Jahrgang 1932, p. 294, 1933.
[6] F. K. Stoeckhert, „Fauna Apoideorum Germaniae,“ Abhandlungen der Bayerischen Akademie der Wissenschaften Heft, Heft 65, p. 87, 1954.
[7] H. Ruppertshofen, Der Wald summt – Waldimkerei und Waldhygiene, München: Ehrenwirth; 5. Auflage, 1982.
[8] I. Fries, A. Imdorf und P. Rosenkranz, „Survival of mite infested (Varroa destructor) honey bee (Apis mellifera) colonies in a Nordic climate“, Apidologie 37 (5), pp. 564-570, 2006.
[9] B. Locke, „Natural Varroa mite-surviving Apis mellifera honeybee populations”, Apidologie 47, pp. 467-482, 2015.
[10] E. T. Rinderer, L. I. de Guzman, G. Delatte, J. Stelzer, V. Lancaster, V. Kuznetsov, L. Beaman, R. Watts und H. J.W., „Resistance to the parasitic mite Varroa destructor in honey bees from far-eastern Russia,“ Apidologie 32, pp. 381-394, 2001.
[11] Y. Le Conte, G. de Vaublanc, D. Crauser, F. Jeanne, J.-C. Roussel und J.-M. Bécard, „Honey bee colonies that have survived Varroa destructor,“ Apidologie 38, pp. 566-572, 2007.
[12] T. D. Seeley, „Honey bees of the Arnot Forest: a population of feral colonies persisting with Varroa destructor in the northeastern United States,“ Apidologie 38, pp. 19-29, 2007.
[13] T. Seeley, D. Tarpy, G. S.R., A. Carcione und D. Delaney, „A survivor population of wild colonies of European honeybees in the northeastern United States: investigating its genetic structure,“ Apidologie 46 (5), pp. 654-666, 2015.
[14] I. Fries und S. Camazine, „Implications of horizontal and vertical pathogen transmission for honey bee epidemiology,“ Apidologie 32 (3), pp. 199-214, 2001.
[15] T. Seeley und M. Smith, „ Crowding honeybee colonies in apiaries can increase their vulnerability to the deadly ectoparasite Varroa destructor,“ Apidologie 46 (6), pp. 716-727, 2015.
[16] J. Evans, „Diverse origins of tetracycline resistence in the honey bee bacterial pathogen Paenibacillus larvae,“ Journal of Invertebrate Pathologie 83, pp. 46-50, 2003.
[17] E. Karazafiris, C. Tananaki, U. Menkissoglu-Spirondi und A. Thrasyvoulon, „Residue distribution of the acaricide coumaphos in honey following application of a new slow-release formulation,“ Pest Management Science, pp. 165-171, 2008.
[18] L. Burley, R. Fell und R. Saacke, „Survival of honey bee (Hymenoptera: Apidae) spermatozoa incubated at room temperature from drones exposed to miticides,“ Journal of Economic Entomology, pp. 1081-1087, 2008.
[19] P. Schmid-Hempel, Evolutionary parasitology: the integrated study of infections, immunology, ecology, and genetics, Oxford: Oxford University Press, 2011.
[20] S. Mittl, „Varroa-resistente und gesunde Honigbienen – Plädoyer und Argumente für eine artgerechte Honigbienenhaltung und -zucht,“ www.bienen-dialoge.de, Fürth; 20 Seiten, Februar 2017.
[21] A. Vásquez, E. Forsgren, I. Fries, R. J. Paxton, E. Flaberg, L. Szekely und T. Olofsson, „Symbionts as Major Modulators of Insect Health: Lactic Acid Bacteria and Honeybees,“ PLoS ONE 7(3): e33188, 2012.
[22] S. Mittl, „Wild lebende und gemanagte Honigbienen und die Amerikanische Faulbrut – damals und heute,“ www.bienen-dialoge.de, Fürth; 8 Seiten, Dezember 2016 – 2. korrigierte Fassung.
[23] R. Goodwin, A. Ten Houten und H. Perry, „Incidence of American foulbrood infections in feral honey bee colonies in New Zealand,“ New Zealand Journal of Zoology Vol. 21, pp. 285-287, 1994.
[24] M. Hornitzky, B. Oldroyd und D. Somerville, „Bacillus larvae carrier status of swarms and feral colonies of honeybees (Apis mellifera) in Australia,“ Australian Veterinary Journal 73 (3), pp. 116-117, 1996.
[25] E. Genersch, „American Foulbrood in honeybees and its causative agent, Paenibacillus larvae,“ Journal of Invertebrate Pathology 103, pp. 510-519, 2010.
[26] S. Mittl, „Deutschlands Bienengarten – Ein Beitrag zum Natur- und Kulturschutz – Skizzierung eines Modellprojektes zu Zeidlerei, Bienenforschung, Naturschutz und Umweltbildung im Sebalder und Lorenzer Reichswald bei Nürnberg,“ www.bienen-dialoge.de, Fürth; 30 Seiten, Februar 2016.
[27] P. Pohl und B. Rutschmann, „The neglected bee trees: European beech forests as a home for feral honey bee colonies,“ PeerJ 6:e4602 https://doi.org/10.7717/peerj.4602, 2018.
[28] S. Mittl, „Deutschlands Bienengarten als LEADER-Projekt – Ein Beitrag zum Natur- und Kulturschutz – Skizzierung eines Grundkonzeptes für ein LEADER-Projekt zu Zeidlerei, Bienenforschung, Naturschutz, Tourismus und Umweltbildung im Sebalder und Lorenzer Reichswald;,“ www.bienen-dialoge.de, Fürth; 45 Seiten, Mai 2017.
[29] Bundesministerium für Naturschutz Umwelt Bau und Reaktorsicherheit, „Bundesnaturschutzgesetz – BNatSchG – Gesetz über Naturschutz und Landschaftspflege,“ 29 Juli 2009. [Online]. Available: http://www.bmub.bund.de/themen/natur-biologische-vielfalt- arten/naturschutz-biologische-vielfalt/natur-naturschutz-biologische-vielfalt- download/artikel/bundesnaturschutzgesetz-bnatschg/. [Zugriff am 7 Mai 2015].

(1) Dans les revues apicoles germanophones, on entend très peu parler de ces résultats de recherche actuels. C’est pourquoi j’ai beaucoup apprécié les conclusions de Locke et j’aimerais également citer en détail l’une des dernières publications du professeur Seeley et collaborateurs [13], qui examinent les causes possibles des pertes élevées d’abeilles chez les apiculteurs du monde entier. Pourquoi est- ce que je fais ça ? Parce que je pense qu’il est clair que les abeilles mellifères sauvages ont besoin d’être en meilleure santé. Mais vérifions ça : 
 »Sachant que les colonies d’abeilles mellifères sauvages vivant dans et autour de la forêt d’Arnot peuvent survivre seules, elles sont des sujets intéressants pour étudier comment les abeilles mellifères peuvent atteindre une coexistence stable avec leurs parasites et agents pathogènes. Il est important de résoudre ce mystère, car aujourd’hui, la plupart des apiculteurs d’Europe et d’Amérique du Nord comptent sur les antibiotiques et les pesticides pour traiter leurs abeilles. Cependant, cette approche n’est pas durable car elle conduit au développement d’une résistance aux parasites et aux pathogènes ([16]), peut conduire à la contamination de la récolte de miel ([17]) et peut avoir des effets négatifs sur les abeilles ([18]). (…) Par conséquent, il est probable que lorsque les colonies d’abeilles mellifères vivent dans des conditions naturelles, leurs parasites et leurs pathogènes seront sélectionnés pour être avirulents parce que cela permettra à leurs hôtes de rester en bonne santé et de produire des essaims qui seront utilisés pour transporter les parasites et les microbes vers de nouvelles colonies ([14] ;[19]). (…). Le contraste entre la stabilité de ces colonies sauvages [dans la forêt d’Arnot] et le déclin des populations d’élevage suggère que les pratiques apicoles actuelles contribuent à la perte des colonies d’élevage, peut-être en prolongeant éternellement la propagation des virus mortels transmis par les varroa à virulence accrue ». 13] 
C’est pourquoi, en tant que scientifique et apiculteur naturel, je voudrais appeler chacun à reconsidérer ses méthodes apicoles et à emprunter de nouveaux chemins pour des abeilles mellifères saines et résistantes au varroa. Vous trouverez mon plaidoyer et mes arguments en faveur d’une apiculture et d ́un élevage mieux adaptés à l ́espèce sur www.bienen-dialoge.de [20]

(2) Goodwin et al (1994) ont compilé des résultats intéressants sur les colonies d’AFB et d’abeilles mellifères sauvages : Dans une étude (1993) menée en Nouvelle-Zélande, les chercheurs ont découvert que 12,5 % des colonies d’abeilles en Nouvelle-Zélande appartenant à des apiculteurs (apiculteurs comptant moins de 50 colonies) étaient contaminées par des spores de loque. Dans une étude subséquente, ils ont voulu étudier la charge de spores dans les colonies sauvages, ainsi que la question de savoir si elles transmettent la maladie aux colonies dont s’occupent les apiculteurs. Ils arrivent à la conclusion que presque toutes les les colonies sauvages étudiées sont exempts d’AFB et que celles qui sont infestée par des spores (6,4% de 109 colonies)) ne présentent qu’une faible charge en spores, contrairement aux colonies d’élevage étudiés, ce qui les amène à la déclaration suivante : « Peut-être que les populations sauvages courent un plus grand risque de contracter l’AFB à partir de colonies d’apiculteurs que l’inverse » et « La faible présence de cette maladie chez les populations sauvages suggère qu’une grande partie de l’AFB existante dans les colonies domestiques est due aux techniques apicoles et non à la contamination interactive avec des colonies sauvages ». 23] (Traduction de l’auteur).
Hornitzky et ses collaborateurs (1996) s’intéressaient aux mêmes questions que Goodwin et ses collègues, mais ils ont fait des recherches en Australie et se sont également intéressé aux essaims. Ils arrivent à des conclusions similaires : Sur 60 colonies sauvages, 1 seule colonie contenait des spores de la BFA et cette colonie vivait à proximité des apiculteurs. Les 59 autres colonies vivaient loin des colonies gérées par les apiculteurs, ce qui les amène à dire, « …que les populations d’abeilles sauvages représentent une source improbable d’AFB pour les abeilles des ruches « . 24] (Traduction de l’auteur)
En 2016, j’ai publié un article de synthèse sur le thème « Les abeilles mellifères sauvages et d’élevage et la loque américaine – aujourd’hui et après » sur mon site internet www.bienen-dialoge.de

 

 

3 réponses à “Les abeilles sauvages – source de maladies ou trésor génétique ?

  1. Le site allemand est le seul qui permet de voir à peu près où se trouvent ces colonies sauvages. Pas de carte en France ni en Suisse. Est-ce qu’il ne pourrait pas y avoir une mise en commun au niveau européen?

    1. Bonjour, ils existent aussi en France. Vous pouvez trouver des renseignements près de Vincent Albouy (opiepc@orange.fr) ou de Céline Locqueville (Le jardin des petites ruches).

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