La piqûre de l’abeille

par Adrien Pierrin.

Article rédigé par Jean-Pierre Gauthier dans le septième numéro de la revue Abeilles en liberté.

Observation des étapes de la piqûre

Pour comprendre comment agissait le dard de l’abeille sur notre peau lors d’une piqûre, j’ai récupéré le dard d’une abeille qui avait essayé de me piquer au travers de ma tenue d’apiculteur, ce dard était resté coincé dans le tissu.

Je l’ai prélevé délicatement et l’ai posé juste au contact de ma peau sur le dos de la main. Avec l’autre main, j’ai pris mon appareil photo pour saisir ce moment précis de la piqûre. À mon grand étonnement, le dard a tout de suite pénétré dans la peau, sans aucune pression de ma part. Puis lentement, il s’est enfoncé jusqu’à la garde en donnant des à-coups réguliers, comme le mouvement d’un cœur qui fonctionne, car la poche à venin possède un petit muscle qui sert à la vider.

On remarque sur la première photo que la poche à venin est gonflée, puis sur l’autre photo l’enveloppe s’est rabattue sur le côté, la réserve de venin est vide, le dard ne bouge plus. J’ai gardé le dard planté sur ma main pour comprendre ce qui se passe si l’on ne l’enlève pas volontairement. Au bout de dix bonnes minutes, l’épiderme a commencé à refouler le dard, puis il est tombé sans intervention de ma part.

Dans la littérature apicole, on nous indique qu’il est important d’enlever rapidement le dard afin d’éviter une concentration de venin sous la
peau. Au sujet de la douleur et du gonflement de l’épiderme, je n’ai pas constaté de différence en laissant la poche à venin se vider et le fait de
l’enlever rapidement, pour éviter qu’elle me l’injecte totalement. Je m’aperçois que la nature est bien faite, elle permet au dard de faire son travail en totalité, tout en étant détaché de l’abdomen de l’abeille et au corps humain de rejeter un élément indésirable sans intervention mécanique.

Petite info pour les débutants qui craignent la douleur des piqûres d’abeilles : je suis comme tout le monde, une piqûre est toujours douloureuse, mais tout se passe dans la tête… Lorsque je ne suis pas dans mon rucher et que, par inadvertance, je pose ma main sur une abeille, elle me pique et là, ça me fait mal ! Alors que, lorsque je suis au rucher mon ressenti à la piqûre est beaucoup moins fort…

Tout simplement parce que je suis conditionné. Pour moi, il est évident que je vais me faire piquer lors de mes visites. Souvent je ne prends pas de gants, ma vareuse a des trous et le bas de mon pantalon est un peu court. Mentalement, j’accepte d’être piqué, mon cerveau valide cette douleur comme naturelle… Enfin, je le suppose !

L’allergie au venin d’abeille

S’il y a des personnes qui sont vraiment allergiques (2 à 3 % de la population), pour la majorité d’entre nous, la piqûre provoque une réaction modérée qui induit un gonflement désagréable et plus ou moins important. Je ne suis pas allergique au venin d’abeilles, mais j’ai appris que cela pouvait changer. Peut être parce que j’ai dépassé la dose acceptable durant toute ma vie d’apiculteur. Il se peut aussi que j’aie subi des piqûres à un mauvais moment, c’est-à-dire à un moment où mon corps n’était pas en pleine forme pour réagir correctement à cette attaque.

Je me suis fixé une règle à laquelle je ne déroge jamais : si un matin je ne me sens pas en forme, un peu patraque ou que j’ai mal à la tête, je m’abstiens de me rendre au rucher de peur de ne plus pouvoir approcher une ruche dans l’avenir.

Se soigner avec le venin d’abeille

Dans la littérature, on peut lire que le venin d’abeille est bactéricide, bactériostatique, antifongique et antibiotique, allergisant, voire très allergisant… De par son action antiinflammatoire, il peut soulager les douleurs rhumatismales et celles de l’arthrose. Dès la plus Haute Antiquité, Hippocrate lui attribuait la vertu de soulager les douleurs articulaires.

Traditionnellement, le venin est administré en plaçant des abeilles directement sur les zones à soigner (ou des points d’acupuncture) de manière à provoquer la piqûre, soit, par injection, à l’aide d’une seringue contenant une solution de venin dilué. Plusieurs laboratoires ont développé des gammes de produits cosmétiques à base de venin d’abeilles pour la peau : pommades, lotions, crèmes, gouttes, comprimés.


Retrouvez le septième numéro de notre revue sur la boutique des éditions Terran Magazines :

4 réponses à “La piqûre de l’abeille

  1. Sujet très intéressant, et bien traité. Par contre pour ma part, je ne m’explique toujours pas, pourquoi d’un seul coup, j’ai fait une violente réaction ( choc anaphylactique !!!!

  2. Très intéressant. Au sujet de l’allergie, je me suis fait piquer régulièrement dans mon enfance (une par an je dirais). A 19 ans, énième piqûre et là, réaction allergique très forte en 15 minutes. Heureusement, j’étais littéralement à côté d’un hôpital et j’ai été sauvée (avec séquelles au rein à cause de la chute de tension). Une amie, mère de trois enfants, fille d’apiculteur, n’a pas eu ma chance géographique. Le temps que les pompiers arrivent et la prennent en charge, trop tard, elle est morte. Comme moi, elle n’avait jamais manifesté de terrain allergique. Tout ça pour dire que ça paraît con, mais une seringue type anapen dans la trousse à pharmacie ça peut sauver une vie.

  3. Bonjour,
    Apicultrice depuis 2010 jai déjà été piquée quelques fois sans trop de soucis au début, mais depuis 2 ,3 ans je gonfle énormément et dois prendre direct 8mg de medrol pour arrêter ce gonflement qui peut etre douloureux! Une prise de sang n’a rien trouvé d’anormal, suis pas allergique….donc, je suis très prudente et malgré des abeilles très douces, j’ai toujours mon costume et des gants lors de mes visites au rucher.

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